Il y bien longtemps que je donne pas de nouvelles. J'ai pourtant bien des choses à raconter. J'ai en effet passé les six derniers mois à m'installer dans une vie dans laquelle je trouve maintenant mes marques, sous un soleil tropical qui me ravit autant qu'il m'échauffe, au coeur d'une université bicentenaire fréquemment remuée par de bruyantes manifestations étudiantes et en compagnie de ma belle avec qui je passe magnifiquement le plus clair de mon temps libre. A l'orée du dernier mois de l'année, nous sommes vendredi soir, je vais passer une soirée calme et je crois que je suis heureux.
L'année 2009, comme prévu par les astrologues, a tenu sa promesse en apportant du changement et une bonne dose de chaos. Par bonheur, je n'ai pas été épargné par ce grand siphon. D'abord promis à un poste dans la RSE d'une compagnie d'assurance en janvier, j'appris un jour de février que la crise financière, par un inoubliable clin d'oeil du destin, m'en privait avant d'avoir commencé, pour recevoir le soir même une offre qui ferait de moi le benjamin de l'équipe de direction d'une université publique colombienne, le tout après un voyage aux Etats Unis, un déménagement, une visite éclair en France pour enterrer avec éclat la vie de garçon de mon meilleur ami et voir ma filleule en robe blanche dire oui pour la vie à un pilote de l'armée de l'air. Une semaine après avoir pris mes fonctions à l'université et à peine arrivé de Paris, me voilà de nouveau chez l'Oncle Sam pour la représenter dans un congrès qui serait mon baptême. Après plus de 200 kilomètres sur les speedways de L.A., de retour à Medellín, je meublai peu à peu mon appartement et ma nouvelle vie, et trouvai le temps de filer encore une fois en France en juillet pour être le témoin de l'échange de consentements entre mon meilleur ami et l'amour de la sienne, et embrasser en coup de vent ma chère mère qui ne comprenait déjà plus rien à toute cette frénésie. Au milieu de ce tourbillon, j'héritai d'une Direction de Relations Internationales endormie et prometteuse dont je m'efforçai d'organiser l'avenir à grands coups de stratégies et de plans d'action, tout en organisant des escapades sur la côte pacifique et dans les caraïbes histoire de saluer les tortues et les baleines. Ce soir, à un mois de filer pour la Nouvelle Zélande pour une rencontre familiale sans précédent qui n'était il y a peu qu'une idée folle, je me dis que le cataclysme prévu pour 2012 par les Mayas, moi je l'ai vécu cette année. Après le déplacement de mes pôles et le glissement de ma croûte terrestre, je suis devenu un habitant de Medellín où j'ai rejoint mon Grand Père qui se demande encore par quel miracle cela a t'il bien pu arriver.
C'est un cri anticipé, mais je l'entonne avec joie: "2009 est mort, vive 2009".
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